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Sciat ut serviat
Beaucoup sont aujourd'hui préoccupés par l'avenir de l'éducation dans la société, aussi bien dans l'enseignement public que
dans l'enseignement catholique. Au niveau mondial, la crise que traversent les systèmes éducatifs est sans précédent : insuffisance
des moyens, faiblesse des résultats globaux, absence d'une vision claire des finalités à poursuivre. Dans bien des pays, l'éducation
n'est malheureusement pas encore une possibilité offerte à tous.
Face aux multiples carences des États, l'Église exerce en matière d'enseignement une fonction de suppléance non négligeable
et largement appréciée. Sa tradition bimillénaire d'éducation l'y aide. Ses orientations sont connues : aider les personnes
à se construire elles-mêmes, protéger le meilleur des civilisations, préparer les sociétés aux mutations indispensables. Pour
reprendre l'expression de Mgr Pierre Claverie, l'évêque d'Oran (Algérie) (1), les institutions éducatives catholiques se trouvent
souvent sur des « lieux de fracture », dans des contrées déstabilisées ou dans des banlieues fragilisées. Leur volonté d'ouverture
à tous, comme leur attention aux multiples quêtes spirituelles, est attestée depuis longtemps.
Ces dernières années, des inflexions nouvelles ont vu le jour. Dans une lettre aux Conférences épiscopales, la Congrégation
pour l'Éducation catholique a demandé que l'enseignement de la religion dans l'école soit revu pour sortir de sa « neutralité ».
En France, le Comité national de l'enseignement catholique a fortement invité à une annonce explicite de l'Évangile dans les
établissements scolaires catholiques.
Au niveau international, les instances régissant l'avenir des institutions scolaires catholiques sont parfois mal connues.
Elles jouent pourtant un rôle non négligeable. Parmi elles, la Fédération internationale des Universités catholiques (FIUC),
dont le siège est à Paris, mérite d'être plus fortement mise en valeur. Elle participe à la vie intellectuelle chrétienne
comme à l'accompagnement des transformations des sociétés multiculturelles et multireligieuses. Dès le départ, la FIUC a voulu
être un lieu de réflexion sur la mission et sur l'identité de l'Université catholique. Avec la mondialisation, l'engagement
au service du monde universitaire catholique et de ses interlocuteurs dans la société civile et ecclésiale est visiblement
appelé à se renforcer. Plus que jamais, il convient de rendre vivante sa belle devise « savoir pour servir », Sciat ut serviat !
P. Jean-François Petit
assomptionniste
(1) Tué dans un attentat le 1er août 1996.
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N° 2439
Du 07/02/2010
Rubrique Éditorial
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